Taxi clandestin pour se payer un bar au pays

mer-11-2008
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A Moscou, il n’y a pas de problème avec les taxis. Il suffit de lever la main dans la rue et de vieilles voitures sales et abîmées de l’ère soviétique s’arrêtent. Après, il faut négocier. En moyenne à Moscou, la course en taxi clandestin coûte 200-300 roubles (5 à 8 euros), soit deux ou trois fois moins cher que pour les taxis officiels ! Le chauffeur typique du taxi clandestin a entre 25 et 35 ans, est d’origine caucasienne, est chômeur et vient d’arriver à Moscou. Les horaires de travail ? de 19h00 au petit matin.

Le nom de mon conducteur est Saïd. Un jeune Ouzbek plein de bonhomie est très en verve. Pour aller à l’autre bout de Moscou, c’est 300 roubles (près de 8 euros).  C’est le soir. Il n’y a pas trop d’embouteillage. Le trajet va durer plus de 20 minutes.


Saïd vit à Moscou pendant deux ans. Sa femme et lui ont quitté l’Ouzbékistan, pour avoir une vie meilleur : « Le salaire minimal là-bas est près de 100 roubles (3 euros)».
À Moscou, Saïd gagne en moyenne de 10-15 milles roubles (300-400 euros). Il est devenu chauffeur  après avoir travaillé trois mois sur un chantier. Ayant régularisé ses papiers, il a pu louer une voiture. Trouver un bon  boulot pour les originaires d’Asie est assez difficile (excepté les travaux de chantier, de balayeur municipal et de conducteur). Il est nécessaire d’avoir un permis de  travail, une carte d’immigration, d’être enregistré et d’avoir une bonne spécialité.  Même si vous remplissez toutes les conditions, il est probable que l’employeur ne vous engage pas car vous êtes étranger.

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La  difficulté principale à Moscou, en plus du travail, c‘est le logement. Saïd avec sa femme loue une pièce dans un appartement qui en compte trois pour 8000 roubles (près de 300 euros)… 10 autres personnes vivent dans l’appartement …
Pour entretenir la famille et envoyer chaque mois de l’argent à ses parents en Ouzbékistan le jeune homme travaille en plus comme chauffeur personnel le jour … au noir aussi. Au quotidien, Saïd ne craint pas les agents de l’inspection routière qui s’accommode de son passeport et de son permis de conduire Ouzbèkes. Ce n’est pas la même chose avec la milice moscovite qui est extrêmement dure avec les immigrants.

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Bien que la vie soit dure,  Saïd est content de travailler à Moscou et ne s’inquiète pas des risques d’attaques des bandes néo-nazis (1). Pour lui, « ce sont des rumeurs et il trouve les Russes très hospitaliers et amicaux». Pour autant, la rigueur des hivers russes ne font pas rêver Saïd plutôt habitué au soleil de son pays natal. Son avenir, il voit dans sa patrie, entouré de sa famille, comme propriétaire d’un café.

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Vitali ZIUSKO


(1) Selon le bureau pour les droits de l’Homme de Moscou plus de 100 personnes ont été tués lors de crimes racistes en Russie cette année.


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